Hier encore j’avais 11 ans, mon grand-père t’a ramené de Béziers, tout le monde autour de la table de la cuisine t’a pris en main, soupesé, essayé, comtemplé et parce que ma famille va toujours
de l’avant adopté à l’unanimité.
Il y a peu j’avais 25 ans et nous emménagions dans un appartement où tu avais ta place, entre les couteaux et les fourchettes tu avais une place de choix.
Que serait la vie sans toi, que deviendraient nos poubelles sans la fine dentelle de nos épluchures, qui peut faire la plus longue avec une pomme de terre ?
La vie sans toi je l’ai vécu plusieurs fois, j’ai beau t’aimer et t’apprécier de tout mon cœur, souvent, bien trop souvent je t’ai cruellement balancé sans aucun état d’âme entre un pot de yaourt vide et 2 feuilles de salades chiffonnées. Tant de fois je t’ai cherché au moment crucial de la corvée de patates-carottes-navet ! « Mais oùjlaimis » cri du cœur de la ménagère juste après avoir étalé le journal de la veille sur l’évier et juste avant de préparer les légumes bons pour la santé.
100 fois je t’ai perdu, 100 fois je t’ai remplacé, 50 fois j’ai été infidèle, le grand suédois t’a fait un design pas pratique du tout, un petit malin t’a transformé radicalement, parfois j’ai expérimenté la lame pivotante, Fille Unique apprécie, mais moi je suis fidèle, le même modèle de mari et d’économe depuis + de 40 ans. Fidèle mais peu soigneuse, hier encore tu as failli finir tes jours à la poubelle.
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