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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 07:18
chiens.jpg                                                                        Les chiens de Robert.
lampe-pate-de-verre-copie-1.jpg                                                                                La lampe de Mme C.

La maison est parsemée d’une multitude d’objets qui pour la plupart ont une histoire.

Du temps où nous faisions foires aux antiquaires et salons un personnage haut en couleurs promenait dans les allées sa bonne ou mauvaise humeur, ses grandes connaissances dans le domaine des faïences et porcelaines. Il avait tenu longtemps une mercerie avec un ami, de cet épisode de sa vie il lui restait le goût des jolis tissus, des boutons anciens et des plumes. Toujours un coup fumant et fumeux à raconter, toujours table ouverte, des amis trop nombreux pour être sincères, les années passant Robert s’est retrouvé avec pour seule compagnie sa fidèle chienne. Subissant de plein fouet la crise qui faisait fuir les clients Robert  a vu les amis déserter, les moyens diminuer et la maladie prendre ses aises. Un seul lui est resté fidèle, un seul faisait des kilomètres pour lui apporter ses repas, un seul qui le considérait comme un père, à son contact il a certes appris, mais nous autres avons découvert que sous des dehors un peu rustre se cachait un cœur énorme.
A la mort de Robert il a été chargé de vendre ce qu’il restait du stock d’antiquités et c’est ainsi que j’ai pu acheter ces chiens. Tous les jours en les voyant je pense à Robert, aux bons moments passés avec lui et toujours j’ai une pensée pour P. qui a su adoucir sa fin en lui promettant de recueillir la chienne fidèle.
La jolie lampe est un cadeau parmi d’autres générosités d’une amie qui aurait pu être presque ma grand-mère, des heurts avec sa propre famille lui faisaient apprécier le calme et la sérénité qui régnaient aussi bien chez nous que chez Pomponette, elle nous a prêté souvent l’appartement de la Napoule et de Cabourg, elle a offert à Fille Unique une belle collection de foulards He***s, nous a raconté des choses intéressantes sur sa vie de fille d’hôtelier, une tradition s’est installée, tous les jeudis elle et son mari m’attendaient pour l’apéritif, on se voyait souvent étant voisins. Une sacrée bonne femme, maîtresse femme pourrait-on dire. En voyage en Egypte à 75 ans bien sonnés, un gin-tonic la remettait debout après avoir joué les touristes sous un soleil de plomb. La dent dure, le sens de la répartie, une vitalité que bien des jeunes pouvait lui envier, elle aussi nous a quitté mais la lampe est comme un « Ne m’oubliez pas »


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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 07:04
renaud_et_mich__le-1.jpg                                                                                  Tante préférée et son frêre.

Hier c’était l’anniversaire de Tante Préférée, j’ai oublié, j’ai honte mais comme je sais qu’elle n’aime pas que l’on parle d’elle et que j’adore la taquiner et même parfois la bousculer ce billet sera pour elle.

Tante préférée habite Avignon en écrivant  surgissent aussitôt les souvenirs de vacances. Nous partions chaque été chez mes grands-parents dans l’Hérault, détour traditionnel par Avignon, papa allait retrouver sa sœur pour quelques jours trop courts, Sister et moi, nos 4 cousines et allions nous adonner à notre sport favori, la moquerie. Appartement spacieux, couloir interminable nous prenions place aussitôt à notre poste d’observation, les baies vitrées et là pendant des heures nous regardions passer les garçons sur la rue de la République, au bout, le Palais des Papes présentait un intérêt bien moindre pour nos esprits critiques. « Fermez les fenêtres les filles, la chaleur entre » Qu’importe sur le moment mais la nuit , habitués que nous étions à la fraîcheur de la Seine et Marne le sommeil tardait à venir. Durant cette étape sur la route des vacances j’aimais particulièrement regarder le frêre et la sœur redevenus enfants par le simple fait de leurs retrouvailles. Avec une partialité déconcertante Tante Préférée nous prenait toutes à témoin « N’est-ce pas qu’il est beau mon frêre ! Comme il conduit bien » J’arrête là, la litanie de ces perfections ce serait indécent tant elle pouvait être d’une mauvaise foi totale. L’enseignement de leur grand-mère Jeanne était bien ancré au plus profond de son cœur. Le grand frêre  est le plus beau, on marche un pas en arrière, on lui donne sa part de gâteau ou de bonbon,  on l’admire, on le vénère quoiqu’il fasse. Les pièces rapportées qu’étaient mon Oncle Y. et Pomponette n’avaient pas d’autres choix que d’acquiescer…

Grâce à toi Tante Préférée j’ai eu de merveilleuses vacances, des souvenirs de camping en Provence toujours vivaces, des cousines que je ne vois pas assez souvent, alors avec un jour de retard « Bon anniversaire »

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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 06:11

La maisonnée est réveillée depuis longtemps, Bonne-maman est partie travailler au bureau de poste, j’irai la chercher tout à l’heure, Pomponette s’active sans faire de bruit, Sister joue tranquillement sans doute, moi je me prépare en vitesse à aller retrouver les amis d’enfance ou bien le charron d’à côté qui me laissera actionner le soufflet de forge. Bon papa quant à lui dort encore du sommeil du juste, il est rentré tard, après la séance de cinéma quotidienne il s’est attardé à la terrasse d’un café sur la

place ombragée de platanes,


le bruit de la fontaine en fond sonore. Pendant des heures il a bavardé avec ses amis, pris des contacts, en fait je ne sais pas bien ce qu’il faisait, marchand de biens c’est vague pour une petite fille.
A dix heures il se lèvera, prendra son petit-déjeuner et ira sur la terrasse  rouler sa première cigarette, ce rituel accompli, tout le monde aux abris, le plan grand nettoyage de printemps journalier est déclenché, torse nu, en vieilles savates, le pantalon retroussé, l’ancien marin retrouve les gestes du moussaillon engagé à 17 ans, pour nettoyer le pont. Tout y passe, les sols balayés, les meubles essuyés, les tapis aspirés et pour finir une apothéose d’eau qui dispense une fraîcheur relative sur le carrelage. Mais là ne s’arrête pas le ménage, une autre cigarette plus tard, il s’enferme dans la salle de bains et n’en sortira quà 13h récuré, rasé de frais, parfumé, le crane chauve brillant comme une patinoire, au sale le pantalon du matin, place à celui du midi, toujours torse nu il attendra que bonne-maman arrive pour faire la grillade et à 16h tranquillement, re-habillé, re- parfumé il partira à Narbonne, le jeudi ou à Béziers le vendredi, ne rentrera qu’à 21h après avoir traité de mystérieuses affaires, re- grillades au feu de bois, re cinéma et c’est ainsi que se passe la vie de cet homme tranquille, parti bien trop tôt, à 59 ans.

J’ai le regret que Maky ne l’ai pas connu, ils auraient pu partager les grasses matinées.

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 07:53

Sa fille vient déjeuner chez Sister, les souvenirs remontent à la surface, je ne résiste pas au plaisir de me replonger dans les années 70.

 

Maître B est une figure incontournable du village, petit, tout rond, élégant jusqu’au bout des ongles qui sont peut-être manucurés, été comme hiver le chapeau sur la tête, de ma vie je ne l’ai jamais vu un tant soit peu négligé, même pas ses filles sans doute, le notaire qu’il est promène son allure d’un autre temps à petits pas tranquilles, le stress connaît pas, la précipitation encore moins, il est né notaire comme d’autres naissent boulangers, une seconde nature.

 

C’était le temps béni où Sister vidait son magasin chaque dimanche, où la marchandise se trouvait facilement, le temps où les ventes aux enchères se faisaient à la suite d’un décés survenu à un âge normal, les héritiers se crépaient souvent le chignon pour une boîte en fer, les huissiers avaient moins de travail que de nos jours et maître B était là pour assurer le spectacle. Car spectacle il y avait.

 

Je sais par expérience qu’en tout notaire sommeille un saltimbanque qui se réveille dès qu’il saisit le marteau d’ivoire, d’ailleurs les commissaires priseurs sont pareils, des cabotins je vous dis.

 

Les adjudications de maître B étaient un pur moment de bonheur.

 

La séance avait souvent lieu dans le jardin de la maison à vendre, un mobilier hétéroclite entassé n’importe comment par les clercs, des caisses d’ustensiles de cuisines, d’outils, chaises cassées, bouts de tout et de rien, toute une vie à l’encan, et des acheteurs potentiels, venus chercher la bonne affaire parmi tout ce bric à brac. Et à ce moment la dignité de maître B fait place à un acteur consommé qui sait mener son monde  à coups de marteau bien sentis. L’œil frise, l’humour au détour d’une phrase, le geste ample pour vanter le vieux machin sans valeur, il fait monter la sauce, prend Mme X à témoin, et lui adjuge comme une grâce l’objet dont elle n’a aucun besoin mais qui maintenant la comble de bonheur, elle en mourait d’envie et ne le savait pas, trop fort le notaire.

 

Je l’ai vu un jour adjuger une bouteille de gaz vide plus cher qu’une pleine que deux coqs de village se  disputaient âprement et stupidement, trop fort je vous dis mon notaire.

 

L’après-midi touche à sa fin, les badauds venus voir défiler une vie s’éparpillent, les brocanteurs ou assimilés regardent avec dédain ce qui n’a pas trouvé preneur, le temps est suspendu mais nous savons bien que la partie ne fait que commencer, d’un air innocent maître B semble soudain se souvenir d’un lot d’objets un peu moins cassés que les précédents, il se frotte les mains mentalement, et les choses sérieuses commencent, entre marchands de la région pas de quartier, il faut les aligner les francs de l’époque pour remporter le gros lot, mais le tout dans la bonne humeur, le notaire voudrait nous faire croire que ce tableau est vraiment beau et que peut-être en y regardant bien, sous la crasse on pourrait lire une signature qui… non, malgré tout son talent on ne croira jamais que Monet à peint cette croute, pas assez fort mon notaire sur ce coup là.

 

Il est tard, la nuit descend sur le jardin, les héritiers sont contents, le notaire a bien travaillé, toute une vie vient de partir aux 4 vents, rien ne meurt tout à fait, Sister sera contente nous lui ramenons un peu de marchandise et nous avons passé une après-midi excellente. Merci Maître B.

 

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